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L'exposition temporaire - "Intimités Incarnées" : Des voiles et des perles - Le siècle dissolu

il y a 15 heures
3 min de lecture
Le visuel des intimités incarnées des photos de la semaine de Yes Photographies

Mise à jour du 15 août 2026


Le logo des intimités incarnées des photos de la semaine de Yes Photographies

Bienvenue pour cette troisième publication du mois. Après la narration et le graphisme, nous entrons aujourd'hui dans la sphère la plus sensible du studio : Intimités Incarnées. C'est le moment du mois où je vous propose de ralentir, de vous rapprocher. Cette catégorie est dédiée à la sensualité, au grain de peau et à l'authenticité des moments volés. Moins de pose, plus de présence... c'est une invitation à voir la beauté dans ce qu'elle a de plus charnel et de plus humain.

Des perles et des voiles

Le siècle dissolu

Des perles et des voiles - une photo de Yes Photographies

Des perles et des voiles - une photo de Yes Photographies

Des perles et des voiles - le siècle dissolu

Un voile de tulle posé sur la tête, qui retombe jusqu’aux hanches. Dessous, un corset noir et des perles qui descendent en boucles sur le ventre. Le fond est vert-de-gris, la fumée monte. Le nu artistique du Siècle Dissolu tient dans ces quelques éléments.


Je suis parti du XVIIIe siècle libertin, celui des boudoirs et des rideaux tirés, celui que Laclos raconte dans Les Liaisons dangereuses en 1782. J’ai gardé trois signes de ce siècle et j’ai laissé tout le reste au vestiaire : le voile, les perles, le corset. Aucun décor d’époque, aucun meuble, aucune dorure. Le studio reste le studio, avec son fond et sa fumée.


Le tulle, je l’ai travaillé comme un drapé de sculpture. J’ai sculpté pendant quatre ans, et la question n’a pas changé depuis : où tombe le pli, et qu’est-ce qu’il laisse passer. Ici le voile fait les deux à la fois. Il couvre la tête, les épaules, le haut du buste, et il rend la peau par transparence à l’endroit où la lumière le traverse.


La lumière vient de derrière. Le flash passe à travers le tulle et l’allume de l’intérieur : les fils deviennent blancs, presque électriques, pendant que le corps garde une dominante bleue. La fumée prend cette même lumière et remplit le fond, du vert sombre vers le gris. Ce contre-jour fait tout le travail de séparation : le voile avance, le corps recule d’un demi-pas.


La pose part en arrière. La tête bascule, le menton monte, les yeux se ferment. Les cheveux bouclés, sombres, volumineux, passent sous le voile et débordent dans le flou du fond. Une boucle d’oreille accroche le flash au passage. Le buste se tourne de trois quarts, le bras reste le long du corps, et les perles suivent la courbe du ventre pour descendre plus bas que la taille. Le corset noir structure tout ça par en dessous, avec ses baleines verticales qui coupent la lumière.


Le travail de retouche se voit, et je le laisse voir. Le fond vert-de-gris est construit, la fumée renforcée, le halo autour du voile ouvert au pinceau. J’ai creusé les noirs du corset pour que les perles ressortent, nacre contre matière mate. J’ai gardé du grain dans les ombres, parce qu’une peau éclairée au flash à travers du tulle garde toujours un peu de bruit, et que ce bruit-là fait partie de l’image. Les perles ont été reprises une par une sur les zones où le tulle les écrasait.


C’est la sensualité de ce siècle-là que je cherchais : le désir qui se tient sous l’étoffe et qui passe par le détail. Un lacet, une perle, un angle de nuque. La série travaille cette ligne-là d’une image à l’autre, en faisant varier la hauteur du voile, la tension des perles, l’ouverture du corset. Le nu artistique arrive par la transparence, dans l’épaisseur du tulle, plutôt que par le dévoilement franc.


Les voiles créent aussi leur propre géométrie. Selon la façon dont ils tombent, ils dessinent des triangles, des colonnes, des cloches. Chaque pli renvoie la lumière différemment, et chaque variation change la température de l’image : plus le tulle s’épaissit, plus le bleu gagne.


L’exposition est accrochée dans la salle Récits visuels. Le billet de 19 € ouvre les quatre expositions en cours pendant sept jours. Le Cercle des mécènes ouvre en plus toute la Réserve, où se trouvent les variantes de cette série et les prises plus longues sur le même dispositif de voile. Venez voir comment la lumière se tient dans le tulle. Des perles et des voiles, le nouveau thème de la semaine.


Pour voir les expositions de la semaine ou tout mon travail, voici les options :


L'exposition temporaire de Yes Photographies

Les expositions temporaires


L'accès à la Réserve du Cercle des Mécènes de Yes Photographies

La Réserve le Cercle des Mécènes

La collection publique de Yes Photographies
L'exposition temporaire de Yes Photographies
L'accès à la Réserve du Cercle des Mécènes de Yes Photographies

J'espère que cette parenthèse sensuelle vous a touché. Il ne nous reste plus qu'une dernière porte à ouvrir pour clore ce mois en beauté. La semaine prochaine, je vous dévoilerai les Nouveautés du Studio, le bouquet final où je me permets toutes les expérimentations techniques et les mises en scène les plus abouties. Soyez au rendez-vous pour la fin du cycle !



Yohann
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