Les décors en 3D : une fresque de 2022 à l’ère de l’IA
Début 2022, j’ai passé presque une semaine à fabriquer une image. Deux modèles, un décor de harem antique imaginé en 3D, des prises de vue sous de nombreux angles et beaucoup de travail pour réunir le tout. Aujourd’hui, quand je regarde le travail 3D à la lumière de mes essais avec l’IA, je suis à la fois amusé, émerveillé et plein de questions. Cette photocomposition raconte un changement de vitesse assez vertigineux.
Les décors en 3D : deux modèles pour peupler une fresque
L’idée était de photographier un duo, puis de l’intégrer plusieurs fois dans un même décor. Les personnes que l’on voit se multiplier dans la fresque sont donc les deux modèles photographiées dans différentes poses. Il fallait imaginer leurs places et leurs relations dans une scène qui n’existait pas dans le studio.
La prise de vue a été géniale, très inspirée. C’est un souvenir heureux du projet. La longue aventure technique est venue autour de cette rencontre : construire un espace où ces présences puissent trouver leur place, avec des couleurs et une lumière cohérentes.
Construire le lieu avant d’y installer les personnes
À l’époque, j’utilisais des banques d’images comme Shutterstock, mais aussi des modèles 3D de DAZ. On pouvait acheter pour quelques euros des personnages ou des décors. Pour ce projet, j’ai travaillé à partir d’un décor 3D acheté, puis réglé son éclairage pour obtenir un rendu exploitable.
Ce premier résultat me paraissait extraordinaire. Il y avait les colonnes, les arches, le marbre et cette plateforme centrale : un espace dans lequel projeter la scène. Aujourd’hui, je peux en voir les limites. Je me souviens surtout de ce que cela rendait possible à ce moment-là.

Des gélatines violettes pour faire se rencontrer deux lumières
Au studio, j’avais utilisé des gélatines violettes pour faciliter l’intégration. La couleur faisait partie de la construction de l’image dès la prise de vue. Il fallait ensuite travailler le décor, ses ombres et ses teintes pour qu’il accueille les photographies.

Puis venait le détourage, à l’époque manuel, de chaque duo. Il fallait intégrer les différentes prises de vue, les placer et traiter l’ensemble. La première composition permet de voir cette étape : les personnes sont là, le récit commence à apparaître, mais le travail sur l’atmosphère continue.

Presque une semaine dans une seule image
Entre l’achat du modèle 3D, la lumière du décor, les détourages et le traitement, j’y ai consacré presque une semaine. Le résultat était satisfaisant pour moi à l’époque. L’image finale garde la trace de ce temps, même si le spectateur n’a aucune raison de compter les heures derrière chaque silhouette.
J’aime montrer ces étapes parce qu’elles rendent visible ce que l’image terminée rassemble. Le décor et les personnes viennent de deux espaces différents. Le traitement les fait entrer dans une même ambiance, avec une lumière plus enveloppante et une matière presque picturale.

Ce que l’IA change aujourd’hui dans mes décors
J’ai repris ce décor pour voir ce que GPT Image pouvait en faire. Le résultat est magnifique et bluffant à mes yeux. Le premier essai conserve l’organisation générale du fond 3D, tout en proposant une autre richesse de lumière, de reflets et de matière.

Pour le second, j’ai laissé davantage de liberté, sans imposer la structure du décor 3D. Le lieu devient un autre hammam : un bassin, une perspective différente, des ouvertures et des reflets. Ces deux images sont des essais de décors générés avec l’IA aujourd’hui ; elles ne sont pas des étapes de la fresque réalisée en 2022.

Dans mes essais actuels, obtenir un fond adapté en teintes et harmoniser les calques avec lui peut prendre cinq minutes. Ce sont ces opérations que je compare au travail d’alors. La séance, l’idée, les choix et toute la création d’une fresque ne se résument pas à ces cinq minutes.
Mon petit bastion de réalité
Pour créer des décors, je trouve l’IA géniale. Je n’ai pas envie de cacher cet enthousiasme. Il reste aussi cet aspect presque littéraire : écrire ce que l’on cherche, trouver les mots, préciser une atmosphère. Et surtout, avoir l’idée. Quand la fabrication devient aussi rapide, cela questionne vraiment la suite.
Dans ce mouvement, je m’accroche à un petit bastion de réalité : les personnes. Dans les décors en 3D, elles étaient bien là, devant mon appareil. Les poses, les gestes et l’inspiration de la séance ont eu lieu. Le lieu autour d’elles peut être construit, transformé, réinventé. Cette rencontre reste le point auquel je tiens.
Yohann — Yes Photographies



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